Lundi 11 juillet
Le départ d'Ulgii est assez mouvementé. J'ai compris que deux enfants seraient morts hier pendant l'orage et de fait, la ville est dévastée. La route est coupée, le point bas de la ville est un véritable cloaque ou tout s'est déversé. Je suis au volant, je renonce à franchir cette zone où nous sommes seuls les autres ayant pris une autre voie de peur en cas d'enlisement d'avoir à me mette à l'eau jusqu'à la ceinture dans ce bourbier. De très nombreuses maisons sont inondées. Sur la piste, nous aurons à franchir quelques gués assez impressionnants que les locaux traversent à pied et en moto et le soir nous bivouaquons au bord d'un grand lac très beau, la température de l'eau est parfaite. L'hiver, il fait ici moins cinquante pendant un mois.
Journal de bord d'Antoine de Fombelle et Luc Fayard de leur raid TransPekin 2016 en 4 x 4 avec l'organisation Globe Trotter - juin - juillet 2016
dimanche 17 juillet 2016
Notre Defender franchit le gué allègrememt
On trouve pas mal de gués sur les pistes, surtout en Mongolie et comme il pleut souvent, on ne sait jamais à l'avance dans quel état ils sont... Heureusement, le Defender est un véhicule d'exception!...
Camp de yourtes de Bear Valley
Nous sommes ce soir tout près de la frontière avec le Tadjikistan. Nous avons passé la journée sur des pistes magnifiques après avoir visité Khovd ville importante de soixante dix mille habitants. L'habitat se compose d'immeubles de trois niveaux qui semblent bien entretenus, de maisons en bois de plein pied ou de yourtes. Ces habitations individuelles sont entourées de mur en briques de terre d'un mètre cinquante de haut environ. La ville est très propre, ce sera le cas dans tous les pays que nous avons traversés après l'Iran. Nous avons encore découvert des paysages incroyables. Ce que je vis dans ce pays m'éblouit et répond à ce que j'espérais. Ce soir, grande première, nous dormons sous une yourte. Elle est superbe, très grande, cinq mètres de diamètre environ. J'aimerais beaucoup en avoir une, je vais me renseigner.
Nous sommes bien contents de ne pas avoir à monter la tente car nous sommes arrivés sous une pluie battante précédée par un orage de grêle qui a laissé au sol un tapis blanc de plusieurs centimètres par endroits.
Ulgii la ville ou nous sommes est réputée pour vivre des changements de temps spectaculaires plusieurs fois par jour.
Nous profiterons d'un très bon dîner kazakh car cette région est habitée majoritairement par ce peuple qui est musulman contrairement au reste du pays qui est plutôt bouddhiste ou animiste. Un père et sa fille viennent ensuite chanter en s'accompagnant d'une guitare à deux cordes. C'est un très beau spectacle. Le regard admiratif du père pour sa fille est très émouvant.
Mankhan en Mongolie
Hier soir, pluie et des millions de moustiques pour nous accueillir. La pluie cessera à l'heure du diner, mais les moustiques passeront une bonne soirée.
Ce matin, il pleut toujours mais cela ne nous empêchera pas de profiter de paysages extraordinaires baignés dans une lumière très douce. Après un pique-nique sous la pluie, le temps se lèvera pour nous offrir une après-midi magique. Ce que nous admirons vaut le voyage comme dirait un célèbre guide. Oubliés les longues heures aux différentes douanes, les étapes de liaison, les moustiques et autres petits désagréments. Nous jouissons d'un spectacle extraordinaire. Nous sommes sur un immense plateau à 2000 mètres d'altitude entouré de chaînes de montagnes de toutes les couleurs, parfois enneigées, couronnées de grappes de nuages blancs. Au sol, la végétation reste maigre mais nourrit de beaux troupeaux le longs des ruisseaux. En plus des animaux qui nous sont familiers, il y a des yacks et des chameaux avec des bosses pointues érigées verticalement. Ils sont superbes. Nous croisons un troupeau qui comporte plus de trois cent têtes.
En chemin, nous faisons un crochet vers le village de Tsetseg pour rencontrer les gens et faire quelques courses. Accueil très cordial, beaucoup de mini boutiques et même une banque. Ce soir Bivouac près de Mankhan.
La Mongolie est quatre fois grande comme la France et compte quatre millions d'âmes. La moitié au moins vit à Oulan Bator, bon nombre dans d'autres villes du pays, de sorte que la campagne est vide. Les éleveurs nomades ou semi nomades pour la plupart exercent sur de vastes territoires non délimités. Il y a très peu de cultures. Le climat est très dur glacial l'hiver chaud l'été qui dure peu. Les vacances des enfants durent quatre mois l'été le reste de l'année ils sont pensionnaires au village ou leurs parents les rejoignent quand il fait vraiment trop froid mais il faut bien garder les troupeaux. Les nomades l'hiver se replient plus près des villages qui sont en général un peu plus dans les vallées. C'est une vie certes proche de la nature mais vraiment très dure. Beaucoup la quittent pour se réfugier dans les villes où ils espèrent profiter du développement économique en cours.
Une journée dans les douanes
Vendredi 8 juillet
Une journée de plus passée à accomplir des formalités aussi stupides qu'obligatoires. La sortie de Chine occupe la matinée il faut par exemple peser les voitures et si le poids est supérieur à celui homologué pour le véhicule, le surpoids est considéré comme de la marchandise taxable. Pour éviter les conséquences de cette farce, on ne pèse que les roues arrières de la voiture, on ajoute quatre ou cinq personnes sur la balance pour obtenir une pesée enregistrée qui correspond à la masse homologuée de l'auto et donc de sortir une fiche de l'ordinateur indiquant taxe égal zéro. Vous avez compris ? Bref, c'était un exemple de la pertinence de ces formalités. Côté mongol, c'est n'importe quoi organisé n'importe comment. Après ces corvées passage à Bulgan petite cité paisible de quelques milliers d'âmes qui semble assez aimable et nous donne bonne première impression du pays. Nous parcourerons ensuite quelques dizaines de kilomètres pour bivouaquer dans une plaine entourée de montagnes au milieu d'un paysage semi désertique de toute beauté à Uench River. Malheureusement, il peut et il y a énormément de moustiques. Nous nous protégeons tant bien que mal de l'un et de l'autre. De l'un grâce à Didier qui non content de nous prêter une bâche, vient l'installer et de l'autre avec quelques produits miraculeux en théorie. Finalement, le ciel est plus clément dans la soirée mais à onze heure tout le monde est calfeutré dans sa tente. Nous sommes inquiets pour les jours à venir, le temps est instable et à la tempête depuis quelque temps ici.
Cuisine chinoise
A juste titre, elle est très réputée. Nous n'avons fait que de très bons repas. Que ce soit dans les grands hôtels ou dans les plus modestes, en ville ou dans les petits bouis-bouis de villages. Les prix sont très abordables, une dizaine d'euros dans les établissements haut de gamme, deux à trois euros dans les petits restaurants. La variété des plats servis est sans limite. Toute sorte de légumes cuits de toutes les manières possibles, autant de viandes ou de poissons et de façons de les accommoder, des fruits de mer, une infinité de mets qui nous sont inconnus des œufs noirs, des petits animaux genre sauterelle ou scarabée. On mange bien des grenouilles et des escargots. Il y a aussi de desserts en nombre. Une réserve toutefois : c'est toujours assez épicé, on s'y habitue très bien car il n'y a pas d'excès et l'on peut toujours écarter le piment rouge bien visible Beaucoup de découvertes à faire donc et sans retenue car la qualité sanitaire semble être au rendez vous. Le personnel et d'ailleurs les Chinois en général sont aimables disponibles et souriants mais ici, on ne parle que chinois.
La cuisine est aussi très variée d'une région à l'autre. On pourrait en faire un thème de voyage.
La cuisine est aussi très variée d'une région à l'autre. On pourrait en faire un thème de voyage.
Désert de Gobi
Mercredi 6 et jeudi 7 juillet
J'ai souvenir que lorsque j'étais gamin à l'école ces mots "désert de Gobi" m'avaient fait rêver aujourd'hui ce rêve est devenu une réalité. Je mesure la chance inouïe que j'ai d'être ici et je profite les yeux grands ouverts du spectacle envoûtant qui m'est offert. Nous sommes à mille mètres d'altitude en ce mercredi après midi il fait beau mais le ciel semble se couvrir et le vent souffle assez fort. La piste est belle, plutôt sablonneuse le relief est fait de dunettes, la végétation n'est pas si clairsemée mais c'est un désert humain il n'y a absolument personne, pas un animal. Seul un important chantier de construction de ligne haute tension vient perturber fortement la magie des lieux pendant quelques kilomètres. En Chine, il y a des lignes électriques partout. Il n'est pas route qui ne soit bordée ou croisée par de multiples alignements de pylônes de toutes sortes.
Nous sommes partis très tard d'Urumqi ce matin il était presque midi, beaucoup de traffic puis un arrêt pour déjeuner dans un petit restaurant de village de sorte que nous ne prévoyons pas d'arriver avant la fin de la journée.
Finalement nous arriverons à près de minuit après avoir sorti la jeep de Victor d'un lac supposé asséché. Sous une couche craquelée en forme de grosses pierres, une boue de glaise très dure absorbe la jeep qui repose sur son châssis. Peu après, à notre tour d'être victime d'un incident sur le point faible de notre équipement je veux parler de l'aménagement intérieur. La sangle qui retient tout nos accessoires finis par se rompre victime des secousses multiples qu'elle subit depuis plusieurs raids. J'aurais dû la changer avant de partir, ce n'est pas un oubli, j'ai eu la flemme de le faire. Nous en sommes quittes Luc et moi pour nous lever avant six heures jeudi afin de vider la voiture pour passer une nouvelle sangle.
Après une courte nuit très ventée, nous reprenons la traversée du désert sous une légère bruine. Les dunes ont pris une couleur ocre, la végétation semble revivre de ces quelques rares petites gouttes. Nous y passerons une bonne partie de la journée. Bivouac à la frontière avec la Mongolie à côté de Tarkshken au bord d'une rivière. Le lieu est infesté de moustiques qui ne nous empêcheront pas de nous régaler d'un bon cassoulet avec un verre de vin rouge. Nuit un peu agitée, un ivrogne est venu visiter quelques tentes puis il a de nouveau plu et il nous a fallu installer le double toit de la tente.
J'ai souvenir que lorsque j'étais gamin à l'école ces mots "désert de Gobi" m'avaient fait rêver aujourd'hui ce rêve est devenu une réalité. Je mesure la chance inouïe que j'ai d'être ici et je profite les yeux grands ouverts du spectacle envoûtant qui m'est offert. Nous sommes à mille mètres d'altitude en ce mercredi après midi il fait beau mais le ciel semble se couvrir et le vent souffle assez fort. La piste est belle, plutôt sablonneuse le relief est fait de dunettes, la végétation n'est pas si clairsemée mais c'est un désert humain il n'y a absolument personne, pas un animal. Seul un important chantier de construction de ligne haute tension vient perturber fortement la magie des lieux pendant quelques kilomètres. En Chine, il y a des lignes électriques partout. Il n'est pas route qui ne soit bordée ou croisée par de multiples alignements de pylônes de toutes sortes.
Nous sommes partis très tard d'Urumqi ce matin il était presque midi, beaucoup de traffic puis un arrêt pour déjeuner dans un petit restaurant de village de sorte que nous ne prévoyons pas d'arriver avant la fin de la journée.
Finalement nous arriverons à près de minuit après avoir sorti la jeep de Victor d'un lac supposé asséché. Sous une couche craquelée en forme de grosses pierres, une boue de glaise très dure absorbe la jeep qui repose sur son châssis. Peu après, à notre tour d'être victime d'un incident sur le point faible de notre équipement je veux parler de l'aménagement intérieur. La sangle qui retient tout nos accessoires finis par se rompre victime des secousses multiples qu'elle subit depuis plusieurs raids. J'aurais dû la changer avant de partir, ce n'est pas un oubli, j'ai eu la flemme de le faire. Nous en sommes quittes Luc et moi pour nous lever avant six heures jeudi afin de vider la voiture pour passer une nouvelle sangle.
Après une courte nuit très ventée, nous reprenons la traversée du désert sous une légère bruine. Les dunes ont pris une couleur ocre, la végétation semble revivre de ces quelques rares petites gouttes. Nous y passerons une bonne partie de la journée. Bivouac à la frontière avec la Mongolie à côté de Tarkshken au bord d'une rivière. Le lieu est infesté de moustiques qui ne nous empêcheront pas de nous régaler d'un bon cassoulet avec un verre de vin rouge. Nuit un peu agitée, un ivrogne est venu visiter quelques tentes puis il a de nouveau plu et il nous a fallu installer le double toit de la tente.
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